Projet ECA: Collecte de données sur les impacts actuels et potentiels des énergies fossiles au Togo

Le jeudi 14 mai 2020, une équipe de « Les Amis de la Terre-Togo », s’est rendue dans les villages de Doévikopé, Gbétsogbé et Katanga, à une dizaine de Km de Lomé. Cette mission s’inscrit dans le cadre du projet intitulé « cartographie préliminaire des opérations et impacts des agences de crédits à l’exportation au Ghana, Nigeria Ouganda et Togo ».

L’équipe était composée du chargé du programme Développement Communautaire et Forêts, du Directeur Exécutif par intérim et de 2 journalistes d’Eco conscience, une télévision en ligne. Cette mission avait pour objectif de collecter les données sur les impacts actuels et potentiels des énergies fossiles au Togo ; recueillir les témoignages des personnes impactées par l’érosion côtière et de filmer les conséquences des changements climatiques sur le littoral pour la réalisation d’un documentaire.

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Dans les différents villages les salutations d’usage ont été observées, suivies d’un débriefing sur l’objet de la visite. A Doévi kopé, le chef accompagné d’une douzaine de personnes a accueilli la réunion et a exposé les difficultés qui sont le lot quotidien des membres de sa communauté. Il s’est surtout appesanti sur les impacts des changements climatiques et ses corollaires qui infligent un lourd tribut aux populations riveraines du littoral. L’escale de Gbétsogbé, a également connu la participation du chef du village et d’une demi-douzaine de membres de sa communauté dont un petit fils du fondateur du village qui a aussi exposé les menaces qui pèsent sur la communauté.

Contrairement aux deux première rencontres, celle de Katanga n’a connu que la participation de la présidente d’une des coopératives des transformatrices de poissons et cinq de ses collaboratrices. Il faut signaler que dans cette localité, le groupe de femmes a été rejoint par le président du syndicat des pêcheurs du Togo.

L’étape des interviews a enregistré trois personnes dans chacune des communautés (2 hommes et une femme) à Doévi kopé, (1 homme et 2 femmes) à Gbétsogbé et (1 homme et 2 femmes) à Katanga.

Débriefing sur l’objet de la rencontre

Il a concerné le projet relatif aux opérations et impacts des agences de crédits à l’exportation. Les sites qui portent les habitations des trois localités étant stratégiques pour le potentiel projet d’exploitation du pétrole au Togo, il a été demandé aux personnes interviewées de s’exprimer sur les conséquences actuelles et futures qui peuvent découler de cette exploitation.

Constat général 

Il ressort des échanges sur le projet que les communautés sont au courant de beaucoup d’anomalies dans leurs communautés. Par ailleurs, elles ont dit subir de plein fouet les impacts négatifs des changements climatiques. A cela s’ajoutent certaines pratiques non orthodoxes exercées par des industries de la zone franche. Celles-ci déversent les déchets de leurs unités de production en mer. Aussi, pour les pêcheurs l’interdiction est-elle faite d’approcher des zones en haute mer. Cela leur fait soupçonner des opérations clandestines d’exploitation de pétrole.

Certains intervenants ont fait part de la rencontre avec les responsables de la multinationale italienne ENI qui a exploré des puits de pétrole en 2014. A l’époque, le plan d’installation et de mise en œuvre du projet d’exploitation du pétrole leur a été présenté, ont-ils dit.

Pour d’autres la superficie du Togo doit être revue à la baisse à cause d’une bonne partie des terres qui est engloutie par la mer (l’érosion avance de 10m par an). Cette situation a rendu anxieuses certaines personnes, au point qu’elles ont des maladies cardio-vasculaires (elles ont perdu leur terres). Les communautés ont dit rejeter ce projet qui, selon eux, ne leur sera d’aucune utilité parce que les conséquences seront trop difficiles à gérer. Elles ont affirmé avoir des échos des activités d’exploitation de pétrole au Ghana et au Nigéria. Elles ont dit ne vouloir pas vivre les affres que connaissent les communautés riveraines des sites d’exploitation dans ces pays.

Les personnes concernées ont ajouté que cette exploitation pourrait entrainer : un déplacement de population, la fin des activités de maraichage et de pêche, les conflits, des maladies, les perturbations climatiques, l’aridité des sols et la sécheresse.